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armin@tourdarmin.ch
Armin Köhli a 38 ans. Il travaille en tant que Chef du Service Etranger du magazine hebdomadaire "WOZ" à Zurich. Ses deux membres inférieurs ont été amputés. Il a remporté plusieurs victoires dans les épreuves sportives suivantes:
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Championnats Suisses d'épreuves de force, entre 1997 et 2003: Médaille d'Or (deux fois), Argent (cinq fois) et Bronze (deux fois) |
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Championnats d'Europe de Blois 1999: course sur route - Médaille de Bronze, deux fois la 4e position et une fois la 5e. |
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Para-Olympiades de Sydney 2000: course sur route - 5e position |
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Gagnant de courses à Vassivière (F), Mably (F), Mulhouse, Frankfort. |
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| Les courses longue distance et ultra distance pour non handicapés sont sa spécialité: |
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2001: 1e position au Many Hill Show, Zurich (209 Kilomètres) |
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2002: Accompli Bern-Bodensee-Bern,
614 Kilomètres en 30 heures 9 Minutes |
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2003: Accompli Bern-Bodensee-Bern,
609 Kilomètres en 26 heures 14 Minutes |
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Entretien avec Armin Köhli deux mois avant le départ du Tour d'Afrique
Question: Comment vous entraînez-vous en ce moment?
Armin Köhli: Je viens à peine de faire une pause. La semaine dernière j'ai commencé par un entraînement corporel qui consiste en une séance journalière d'une heure et demie sur la selle, puis suivi d'un entraînement d'endurance et de levée de poids maximal. Je compte faire une pause à nouveau vers la fin décembre et finalement, avant de partir pour le Caire, je me soumettrais de nouveau à un entraînement de poids.
Avez-vous un entraîneur ?
Non. Cependant, j'ai fait réviser mon programme d'entraînement par mon ancien entraîneur afin de ne pas commettre d'erreurs et d'éviter tout accident. Je ne me concentre pas autant sur les kilomètres parcourus mais plutôt sur le temps et la fréquence du pouls. En contre-partie je suis forcé d'ingurgiter une dose supplémentaire de protéines pour éviter que la masse musculaire ne décroisse pendant l'entraînement d'endurance.
Vous entraînez-vous uniquement sur le vélo ?
Tout se fait sur le vélo, même l'entraînement de musculation.
Eprouvez-vous du plaisir à réaliser cet entraînement intensif ?
Oui. C'est devenu une habitude. Je chante lorsque je suis à vélo sous la pluie. Je ne peux pas concevoir ma vie sans un vélo.
Avez-vous une route de préférence?
Non, pas particulièrement. Je ressens le besoin de découvrir des nouvelles routes pour éviter la monotonie. Mon espace d'entraînement couvre 600 kilomètres dans les alentours de Zurich et je parviens toujours à trouver de nouveaux chemins et sentiers en sachant toujours où je me trouve et combien de temps cela me prendra à parcourir.
Pendant le Tour d'Afrique, vous devrez faire face à divers types de surfaces: goudron, champs, sable. Comment vous préparez-vous pour les affronter?
L'Egypte ne me fait pas peur car la course commencera sur du goudron comme ici. Graduellement les routes deviendront plus difficiles. Cependant nous allons surtout utiliser des passages qui ont été empruntés par des camions. Je ne peux pas vraiment me préparer spécifiquement pour ce type de surface. Ma condition physique est plus importante et en conséquence il est essentiel que j'entraîne surtout mon corps.
Comment se préparent les autres participants?
Je ne sais pas et cela ne serait d'aucune aide de le savoir non plus. Je connais mon corps et je sais comment je dois le préparer.
Savez-vous si les organisateurs du Tour d'Afrique ont spécifié des conditions particulières pour participer?
Non. Il faut juste être en bonne condition physique.
Depuis quand participez-vous au sport cycliste pour personnes handicapées?
Depuis neuf ans. Ceci est ma dixième saison.
Comment vous est venue cette passion?
J'ai passé le mois de juillet 1995 devant la télévision à regarder le Tour de France. J'ai eu peur de devenir gros et paresseux. Je me suis donc acheté un vieux vélo de course au prix de 100 Francs suisses et l'aventure a démarré. Après quelques temps je dépassais les cyclistes non handicapés en montagne et par la suite j'ai commencé à participer aux courses pour handicapés, avec succès !
Avez-vous toujours pratiqué du sport seul?
L'été j'aime beaucoup me lever à 5:30 pour me promener et grimper sur mon vélo. Cela peut aussi me prendre à n'importe quelle heure de la journée. Je peux faire du vélo quand je veux sans devoir être à la salle de gym à une heure précise et un jour spécifique.
Le cyclisme est-il un sport d'équipe?
Pour les personnes handicapées ce n'est pas un sport d'équipe et encore moins pour une course d'ultra distance,en tout cas pas de la manière dont je la pratique.
Comment pratiquez-vous la course d'ultra distance?
Je n'aime pas la course sur piste. L'idée de me concentrer tout le temps pour trouver la position parfaite de la roue pleine ne me plaît pas. Je préfère la course sur route, j'en ai déjà remporté plusieurs mais il faut beaucoup voyager et cela coûte cher. Je préfère nettement les courses de fond. Je suis toujours curieux de savoir combien de temps il faudra avant que je ne tombe de la selle (rires).
Est-ce que la course d'ultra distance est une catégorie indépendante ?
Pas vraiment. Il existe des marathons pour vélo avec des sentiers dépassant les 200 kilomètres. Les courses d'ultra distance auxquelles j'ai participé comptent environ 600 kilomètres à parcourir d'un trait.
Vous avez aussi participé aux Para-Olympiades de Sydney en 2000.
Je remplissais les conditions et ai été sélectionné par l'Association de Sport pour Handicapés et le Comité des Para-Olympiades. Je suis arrivé 5e et pour moi cela a été un succès en considérant mon état de fatigue vers la fin octobre. Sinon peut-être que j'aurais pu remporter une médaille !
Les personnes qui participent aux sports pour handicapés ont différents types d'handicaps. Est-ce que les performances sont comparables ?
Dans ce sport on différencie entre sportifs amputés et sportifs en fauteuil roulant. La course cycliste est en soi un sport pour sportifs amputés. Par ailleurs il existe des sous-catégories déterminées par le nombre de membres manquants. Le système est très complexe et source perpétuelle de discussions. Je considère la division raisonnablement correcte. Les associations de sports travaillent actuellement pour rendre les divisions plus claires.
Est-ce que votre entraînement se différencie-t-il de celui d'un cycliste "normal"?
En principe mon entraînement n'est pas différent de celui d'une personne non handicapée. Mais j'ai plus de surfaces de friction et mes moignons peuvent changer de forme. C'est de ceci dont j'ai peur en Afrique. Si l'un de mes moignons se modifie et n'entre plus dans la prothèse alors j'aurai un grave problème.
Que feriez vous dans un tel cas de figure?
Mon orthopédiste va me montrer comment manipuler mes prothèses de manière autonome. Nous allons construire une prothèse ensemble afin que je puisse apprendre en détail le processus de construction. Ceci me permettra d'être en mesure de réparer ou d'ajuster mes prothèses en cas d'urgence.
Vous faites de la course cycliste pendant votre temps libre. Vous êtes prioritairement journaliste de l'hebdomadaire WOZ. Comment ceci s'est-il produit?
Pendant les mouvements de jeunesse au début des années 80 j'ai fondé une école autonome avec des amis. C'est comme cela que j'ai complété mes études secondaires. Par la suite j'ai fait de la promotion et ai vendu des tours chez Swiss Student Travel Service (SSR). Entre temps je suis parti en Syrie à deux reprises afin d'apprendre l'arabe. J'ai aussi été Coordinateur de Programme pour la Radio Lora. Plus tard j'ai fait partie d'une association de bars et restaurants, où j'étais responsable de l'administration et des ventes. Durant cette période je rédigeais les rapports des pays Arabes pour la WOZ.
Comment est né votre intérêt pour l'Arabe ?
En 1985 j'ai reçu un billet pour un voyage en ferry pour la Tunisie. J'ai pu profiter de cette occasion pour connaître la Tunisie et l'Algérie - mais sans comprendre un mot de ce que disaient les gens. Je me suis promis de ne jamais voyager dans un pays dont je ne connaissais pas la langue. Bien sûr, ceci est impossible, mais au moins j'ai appris l'Arabe.
Que-ce qui vous pousse à voyager en Afrique ?
Autant l'Afrique que la course, l'aspect sportif ainsi que le paysage et les habitants.
Comment avez-vous appris l'existence de cette course?
En janvier 2003, j'ai lu un article concernant la course dans un magazine de cyclisme puis j'ai cherché plus d'informations sur internet. Au début je ne me sentais pas capable de réaliser cette course et finalement en juillet je me suis décidé à participer.
Etes-vous la première personne handicapée à participer à cette course ?
L'année dernière un homme aveugle a voyagé en tandem au Kenya. Il avait perdu la vue lors du bombardement de l'Ambassade des Etats-Unis à Nairobi en 1998.
Est-ce qu'en Afrique on pratique des sports pour handicapés?
Très peu, ils n'en ont pas les moyens. En 1999 j'ai visité un projet pour sportifs handicapés au Tchad. A l'époque des concours africains avaient lieu pour personnes handicapées mais les représentants du Tchad ne pouvaient pas y participer faute de moyens.
Qu'attendez-vous de cette course par rapport à l'élément sportif?
Je voudrais pouvoir atteindre le Cap en me sentant bien. Je n'ai pas l'ambition d'arriver premier. Les chances de parvenir au but sont bonnes, bien que je ne puisse pas prévoir ce qui va se passer.
Quels sont les risques de cette course?
Les principaux risques sont la diarrhée et les problèmes liés à l'estomac, les coups de soleil, la malaria et les infections en tous genres. Je dois aussi tenir compte de certains tronçons que je ne désire pas forcément réaliser. Il me faudra sans doute descendre de mon vélo et le pousser, mais en raison de mes prothèses je ne pourrai le faire que sur quelques kilomètres.
Qu'en est il des dangers de guerre ou de la présence de criminels?
Le problème majeur est plutôt la circulation. L'année dernière il y a eu un accident sur la route et l'accidenté a dû abandonner la course. Nous sommes un grand groupe, parfois en peloton, et nous sommes surtout une source de curiosité, ce qui peut être une protection. Cependant nous ne voyageons pas à travers des zones en guerre.
Vous dites que vous allez faire sensation. Quelle sera selon vous la réaction des habitants?
Je pense qu'elle sera positive. Nous sommes sans aucun doute un grand événement inhabituel. En tant qu'amputé avec des prothèses à la pointe de la technologie je pense que cela va attirer l'attention.
Pensez-vous montrer vos prothèses?
Lorsque je suis à vélo les gens verront mes prothèses et les remarqueront immédiatement. C'est toujours inhabituel mais encore davantage en Afrique. Dans de nombreux pays africains les personnes handicapées sont mises à l'écart. Peut-être que ma participation permettra de sensibiliser à la pratique du sport pour handicapés en Afrique.
Avec votre participation vous voulez aussi soutenir la lutte contre les mines antipersonnel.
La plupart de amputations dans les pays en voie de développement sont dues aux accidents provoqués par l'explosion de mines antipersonnel. Je désire me rendre utile et aider ces victimes qui sont aussi handicapées. Je tiens avant tout à avoir une participation active dans la prévention contre les souffrances causées par les mines antipersonnel. C'est pour cette raison que je soutiens des projets de déminage et la lutte politique contre les mines antipersonnel et les bombes à fragmentation.
Chacun peut-il apporter une aide à cette lutte contre les mines antipersonnel?
J'ai ouvert un compte pour recevoir des dons à cette fin. Une personne à titre privé ou une entreprise peut s'engager à verser une certaine somme pour chaque kilomètre parcouru. Si je parviens à atteindre le Cap, cela fera une distance d'environs 10000 kilomètres. Un centime par kilomètre revient donc à 100 Francs.
Qui seront les bénéficiaires de l'argent récolté?
Une part est destinée à la FSD (Fondation Suisse de Déminage) à Genève, qui réalise des projets de déminage en Afrique, en Asie et en Europe de l'Est. L'autre part est destinée à L'Appel de Genève, une organisation qui négocie directement avec les groupes rebelles afin d'interdire l'usage des mines antipersonnel, venant ainsi en aide aux populations de ces régions. |
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| Armin Köhli au Paralympics 2000 à Sydney |
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